"Nous sommes en outre ce qu'ils ne sont pas: des révoltés de toutes les heures, des hommes vraiment sans dieu, sans maître, sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme, moral ou matériel, individuel ou collectif, c'est-à-dire des lois et des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même".

(Fernand PELLOUTIER - Lettre aux Anarchistes – 1899) => lire la «Lettre aux anarchistes»

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CGT-FO - «Les Cahiers Fernand Pelloutier» - FEN-FO

le 6 décembre 2017, l’édition n°3 a été mise en ligne

POUR NOUS CONTACTER: uas.pelloutier@laposte.net

Brochure numérique gratuite:



«Comment fut élaborée la Charte d'Amiens»

- reproduction intégrale de la discussion du quinzième Congrès national corporatif –

- neuvième Congrès de la C.G.T. - Amiens, du 8 au 16 octobre 1906 -


    «L'Anarcho-syndicaliste»: L’édition n°201 - novembre-décembre 2017

Dans cette édition:

p.1: - J.C.Mailly ne représente plus la confédération CGT-FOMarc HÉBERT.

p.2: La lutte des classes est universelle – Bertrand KANBAN.

p.2: Respect de la démocratie syndicale – Patrick BROSSARD.

p.3-4: Quand se pose la question d’une autre ligne rouge à ne pas franchir – Yvon BOURHIS.

p.4: Lettre à J.C. Mailly – par Michel PARCABE.

p.5-6: OPA sur le salaire différée – par LABOÉTIX.

p.7: Meeting le 13 octobre à Lorient, suivi des brèves désastreuses de FO d’avant Congrès – par Christine.

p.8-12: Réflexions et notes de lecture à propos de la révolution russe… (3ème et dernière partie) – Georges RIVALIN.

p.12: Si nous n’en parlons pas, qui donc le fera – Yvon BOURHIS.


J.C. MAILLY NE REPRÉSENTE PLUS LA CONFÉDÉRATION CGT-FO

Un vieux camarade a déclaré lors de notre dernière réunion: «Macron est un pétainiste».

Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, la politique menée par M. Macron et le gouvernement Philippe est d’essence fasciste, mussolinienne: culte du chef «Jupiter», élimination des contre-pouvoirs et des contrepoids (mise sous contrôle des communes par le biais financier, suppression des fonds aux associations, remise en cause des logements sociaux, … Chambre du Futur…), suppression du pouvoir des travailleurs et de leurs organisations (ordonnances du code du travail), obsession de la sécurité justifiant des pouvoirs presque illimités pour la police et l’armée (intégration des mesures de l’état d’urgence à la Constitution), médias sous contrôle, la peur utilisée comme moyen pour instrumentaliser les populations et obtenir leur renoncement aux libertés civiles (loi anti-terroriste), désignation d’ennemis et de bouc-émissaires (grévistes, fonctionnaires, syndicalistes: «fainéants cyniques et extrêmes», immigrants irréguliers: «terroristes»), protection du pouvoir des entreprises, relations avantageuses entre les affaires, le gouvernement et les élites du pouvoir, obsession avec le crime et le châtiment, favoritisme et corruption.

Accepter, comme le font Jean-Claude Mailly et quelques membres du bureau confédéral, de se compromettre avec le gouvernement Macron, sous couvert de pragmatisme, en rentrant avec félicité dans la méthode dite de «concertation», c’est renoncer à ce qui fait la force de notre organisation: la liberté d’action, l’indépendance, la résistance, la volonté constante d’améliorer le sort des salariés (le réformisme) sans compromission aucune avec les pouvoirs de l’État, ni les partis politiques, c’est accepter de renoncer aux intérêts particuliers des salariés au profit d’un prétendu intérêt général, c’est accepter une restriction des moyens d’action des salariés et des organisations syndicales (réduction du nombre d’élus du personnel et possibilité de contourner les organisations dans les négociations dans l’entreprise).

S’engager dans cette voie, sous prétexte de concertation, c’est, de fait, s’associer à la destruction du syndicalisme libre et indépendant, c’est s’engager dans la voie de l’intégration, vers le corporatisme.

C’est la prise de conscience, encore confuse, de cet engrenage, qui a conduit le CCN des 28 et 29 septembre à désavouer Jean-Claude Mailly (moment historique au sein de l’organisation).

Aujourd’hui, ce constat est partagé par une grande majorité d’adhérents.

La faible mobilisation lors des grèves et manifestations du 16 novembre ne peut être interprétée comme une validation de la politique de Macron, ni de l’attitude collaboratrice de Jean-Claude Mailly.

Elle est la résultante d’une méfiance vis-à-vis des directions des organisations syndicales (qui toutes, à leur manière, jouent la collaboration), de la crainte de la récupération politicienne et du conditionnement médiatique.

Sous couvert de pragmatisme, Jean-Claude Mailly et les quelques membres du bureau confédéral, qui le soutiennent, inscrivent leur réflexion dans le cadre de ce régime. Les uns comme les autres utilisent les éléments de langage de celui-ci.

L’analyse du philologue Victor Klemperer, dans son livre «L.T.I. La langue du 3ème Reich» écrit en Allemagne, de 1933 à 1945, garde toute sa pertinence:

«Et ici, insensiblement nous arrivons au cœur même de ce que l’on peut appeler un langage totalitaire, quand l’asservissement touche non seulement la parole, le discours mais s’immisce dans la langue, touche toutes les sphères du langage pour réduire celui-ci à une mécanique sans pensée».

Une première conclusion s’impose: Jean-Claude Mailly ne représente plus la Confédération et il ne peut, pas plus que ses soutiens, négocier au nom de la Confédération CGT-FO.

Le prochain congrès devra en tirer, sans état d’âme, toutes les conséquences. La discussion sur le rapport d’activité doit être engagée dès maintenant dans tous les syndicats.

Marc HÉBERT.